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LA MORT DE STALINE

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LA MORT DE STALINE
de Armando Iannucci
GENRE : HistoireUSA · 2018 · 1h46 · Vostf
Avec : Steve Buscemi, Jeffrey Tambor, Olga Kurylenko, Michael Palin

Dans la nuit du 2 mars 1953, un homme se meurt, anéanti par une terrible attaque. Cet homme, dictateur, tyran, tortionnaire, c'est Joseph Staline. Et si chaque membre de sa garde rapprochée - comme Beria, Khrouchtchev ou encore Malenkov - la joue fine, le poste suprême de Secrétaire Général de l'URSS est à portée de main. (Inspiré de faits réels...)

La Mort de Staline est une bombe jetée sur le caractère criminel, répressif, arbitraire du régime soviétique stalinien. Une bombe désamor- cée et réamorcée toutes les trente secondes par l’humour. Un humour british féroce qui souffle sans cesse le chaud et le froid, et jette une lumière crue sur un exercice du pouvoir qui avait comme armes principales la terreur, le mensonge, la trahison, la bureaucratie et le culte de la personnalité. Le film de Armando Iannucci n’est pas un film d’histoire comme les autres. Le film d’histoire de fiction applique le plus sou- vent quatre règles non écrites : il traite d’une période « héroïque » et pour cela adopte le point de vue de ceux que l’Histoire a retenus comme étant « les bons » ou bien « les victimes ». Dans la même logique, il s’inscrit dans un récit national et pour cela le film d’histoire est le plus souvent mis en œuvre par des auteurs issus de cette histoire (les Français racontent l’Histoire de France, les Italiens celle de l’Italie...). Et bien sûr, il est forcément sérieux : c’est-à-dire dramatique, avec une revendication d’authenticité qui va des costumes, aux monuments en passant par la langue. La Mort de Staline prend à contrepied quasiment toutes ces règles. Déjà, à la fin des années 40, l’Anglais George Orwell avait livré une critique sobre et puissante du totalitarisme stalinien. Avec La Ferme des animaux, il avait choisi le registre de la fable rappelant que ce genre pouvait être tout aussi éloquent que le récit historique classique. Nous passons ici de la fable à la satire avec l’idée que l’on peut dénoncer par le rire, l’esprit, les ressorts, la mécanique d’un pouvoir totalitaire. Nous le savons bien : une caricature de presse est souvent plus incisive qu’un édito et la bonne blague politique est pour les victimes une des dernières armes aussi dérisoires que nécessaires. Pour tenir sa gageure, Armando Ianucci (déjà connu pour In The Loop, peinture au vitriol de la politique britannique) s’est appuyé sur une bande dessinée française primée de Fabien Nury et Thierry Robin. Il s’est concentré sur une période qui cristallise les tensions et les enjeux de pouvoir : une petite période coin- cée entre l’adoration du vainqueur d’Hitler, de celui qui était présenté comme « le petit père des Peuples » et qui n’en était pas moins l’un des plus grands criminels de son temps (déportations en masse, Grande Terreur, goulag, arbitraire de la police politique, de la justice...) et l’arrivée de Nikita Krouchtchev qui dénonça une partie de ces crimes. Il ne restait plus au cinéaste de partir des faits essentiels, d’aligner des répliques aussi cruelles que désopilantes, de ne pas lésiner sur la grandiloquence, le ridicule et la perfidie des personnages, de choisir une galerie d’acteurs prêts à rentrer dans ce jeu de massacre comme sur un terrain de sport et pour finir de mener l’ensemble tambour battant. Les spectateurs découvriront, pour une large partie d’entre eux, Lavrenti Beria, un person- nage clé de l’histoire soviétique, aussi terrible qu’un « méchant de cinéma » et à la fin affreu- sement tragique. ⎥ François Aymé


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