L’Histoire de Souleymane
de Boris LojkineGENRE : DrameFrance · 2024 · 1h33 · VF
Avec : Abou Sangare, Nina Meurisse, Alpha Oumar Sow
Tandis qu’il pédale dans les rues de Paris pour livrer des repas, Souleymane répète son histoire. Dans deux jours, il doit passer son entretien de demande d’asile, le sésame pour obtenir des papiers. Mais Souleymane n’est pas prêt.
Une claque. Couverte de prix au dernier festival de Cannes, cette troisième fiction de Boris Lojkine nous immerge puissamment dans un réel familier, celui du bouillonnement incessant de la grande ville occidentale. Sauf que le point de vue est celui de Souleymane, un Guinéen sans papiers, arpentant sans relâche ou presque, à pieds et surtout à vélo, un Paris tour à tour indifférent, cruel ou menaçant. Talonné par une caméra qui ne le quitte pas d’une semelle, Souleymane se débat vaillamment dans une adversité invisible pour la majorité des clients à qui il porte des repas. Le hiatus entre la réalité de son parcours et ce qu’on attend de lui est vertigineux et le film tout entier s’y déploie. Elle est là, cette histoire de Souleymane, à la fois dans ce court récit trépidant (deux jours !) d’un homme parvenu jusqu’ici où il vit un quotidien harassant, mais aussi dans le narratif officiel qu’il essaie de faire sien, dans l’espoir candide de persuader les autorités administratives de l’OFPRA. Cinéaste grand voyageur dont tous les films ont été tournés dans des pays lointains, Boris Lojkine sait les parcours tortueux de la migration (Hope, 2014) et combien une réalité peut ensevelir les individus (Camille, 2019). Fruit de beaucoup de talent, L’Histoire de Souleymane a les atours d’un film « à l’os », sans artifices, et dont la construction narrative en diptyque paraît aussi implacable que le réel qu’elle représente. Dans le rôle-titre, Abou Sangare n’est ni un comédien professionnel, ni un livreur. Rencontré au cours d’un long « casting sauvage », il transporte avec lui son propre passif de migrant et sa fine compréhension de la situation. Il est beau, il joue très juste, il bouleverse. Jusque dans l’ultime plan, muet et qui laisse pantelant, Souleymane / Abou Sangare illumine un film aussi inconfortable qu’essentiel. ⎥ Nicolas Milesi
Mercredi 11 septembre :
Jeudi 12 septembre :
Vendredi 13 septembre :
Samedi 14 septembre :
Dimanche 15 septembre :
Lundi 16 septembre : 18h30 (AVP Unipop Histoire)
Mardi 17 septembre :
de Boris LojkineGENRE : DrameFrance · 2024 · 1h33 · VF
Avec : Abou Sangare, Nina Meurisse, Alpha Oumar Sow
Tandis qu’il pédale dans les rues de Paris pour livrer des repas, Souleymane répète son histoire. Dans deux jours, il doit passer son entretien de demande d’asile, le sésame pour obtenir des papiers. Mais Souleymane n’est pas prêt.
Une claque. Couverte de prix au dernier festival de Cannes, cette troisième fiction de Boris Lojkine nous immerge puissamment dans un réel familier, celui du bouillonnement incessant de la grande ville occidentale. Sauf que le point de vue est celui de Souleymane, un Guinéen sans papiers, arpentant sans relâche ou presque, à pieds et surtout à vélo, un Paris tour à tour indifférent, cruel ou menaçant. Talonné par une caméra qui ne le quitte pas d’une semelle, Souleymane se débat vaillamment dans une adversité invisible pour la majorité des clients à qui il porte des repas. Le hiatus entre la réalité de son parcours et ce qu’on attend de lui est vertigineux et le film tout entier s’y déploie. Elle est là, cette histoire de Souleymane, à la fois dans ce court récit trépidant (deux jours !) d’un homme parvenu jusqu’ici où il vit un quotidien harassant, mais aussi dans le narratif officiel qu’il essaie de faire sien, dans l’espoir candide de persuader les autorités administratives de l’OFPRA. Cinéaste grand voyageur dont tous les films ont été tournés dans des pays lointains, Boris Lojkine sait les parcours tortueux de la migration (Hope, 2014) et combien une réalité peut ensevelir les individus (Camille, 2019). Fruit de beaucoup de talent, L’Histoire de Souleymane a les atours d’un film « à l’os », sans artifices, et dont la construction narrative en diptyque paraît aussi implacable que le réel qu’elle représente. Dans le rôle-titre, Abou Sangare n’est ni un comédien professionnel, ni un livreur. Rencontré au cours d’un long « casting sauvage », il transporte avec lui son propre passif de migrant et sa fine compréhension de la situation. Il est beau, il joue très juste, il bouleverse. Jusque dans l’ultime plan, muet et qui laisse pantelant, Souleymane / Abou Sangare illumine un film aussi inconfortable qu’essentiel. ⎥ Nicolas Milesi
Mercredi 11 septembre :
Jeudi 12 septembre :
Vendredi 13 septembre :
Samedi 14 septembre :
Dimanche 15 septembre :
Lundi 16 septembre : 18h30 (AVP Unipop Histoire)
Mardi 17 septembre :