NOTE D’INTENTION DU RÉALISATEUR : C’est une fiction co-écrite avec Christine Paillard, (également collaboratrice artistique sur le film), qui s’est nourrie des ateliers d’improvisation que j’ai faits avec des jeunes vivant en foyer, puis avec les acteurs pressentis pour le film. (…) J’ai connu une trajectoire comparable à celle du héros, Nassim. (…) En commençant à travailler sur le scénario, Christine et moi voulions que le film débute avec l’arrivée de Nassim dans le foyer et s’achève avec son départ ; je voulais raconter un parcours initiatique, un moment dans la vie tourmentée d’un adolescent pas comme les autres… Comment cette année de foyer allait le changer, lui permettre de grandir. Nous avons fait de multiples allers-retours entre mes souvenirs et les ateliers que j’ai dirigés dans des foyers. Ces séances ont nourri le travail sur les personnages et l’atmosphère que je cherchais pour le film… – CHAD CHENOUGA
De toutes mes forces
Réalisateur(s) : Chad Chenouga
Acteur(s) : Khaled Alouach, Yolande Moreau, Laurent Xu
Genre(s) : Drame
Origine : France
Durée : 1h38
Synopsis : Ecrit à quatre mains, en collaboration avec la scénariste Christine Paillard, De toutes mes forces a une filiation lointaine avec La Niaque, une pièce écrite et jouée par Chad Chenouga au théâtre des Amandiers de Nanterre en 2011, dans laquelle il racontait son placement en foyer. « J’ai connu une trajectoire comparable à celle du héros, Nassim » confesse le réalisateur dont c’est le deuxième long métrage de cinéma, après 17, Rue Bleu (2001) et des films courts plusieurs fois récompensés. Ce parfum d’intimité que le film exhale, enchante indéniablement. (Une sincérité qui, sur scénario, a emporté l’adhésion de la comédienne Yolande Moreau – « Cette histoire « ne raconte pas d’histoires », j’y crois » a-t-elle dit au réalisateur pour lui signifier son accord.) Les accointances de Chad Chenouga avec ces jeunes aux parcours douloureux et à l’énergie intacte contaminent un récit tout en vitalité tourmentée, servi par des personnages ébauchés avec justesse et jamais réduits à une explication – encore moins à leur dossier administratif de la DASS ! Pour la plupart des comédiens, à l’image du jeune héros Khaled Alouach (Nassim), il s’agit ici de leur première expérience de jeu, après un « affinage » de plusieurs mois en ateliers filmés… Au sortir d’un tel creuset, le résultat est un film qui a la puissance d’une rencontre, à la fois « vériste » et bienveillant, jamais affranchi des vicissitudes qui le fondent mais prometteur d’un avenir ouvert. Porté et mis en scène avec une fraîcheur bienvenue, ce récit initiatique fait un bien fou dans le cynisme ambiant. Ne passez pas à côté de sa générosité. ⎥ Nicolas Milesi