La réalisatrice marocaine Meryem Benm’Barek nous revient huit ans après le sensible et bouleversant Sofia (comment une fille-mère est contrainte de retrouver en 24h le père de son nouveau-né sous peine d’être dénoncée). Avec Derrière les palmiers, la cinéaste nous propose un conte moral et sentimental moderne où elle sonde la persistance des rapports de domination entre la classe française aisée encore installée au Maroc et la classe moyenne de Tanger. Un film particulièrement bien écrit : l’enchaînement inexorable des choix du jeune Mehdi (tiraillé entre sa modeste fiancée Selma et Marie, la Française ambassadrice d’un « autre monde »), est installé et développé avec une redoutable efficacité. Comme Mehdi, le spectateur est pris dans les mailles de ce fatum qui, à la manière d’un conte de Maupassant, interroge le sens profond et définitif des choix de vie sentimentaux, matérialistes, culturels et même religieux. On ne peut que saluer l’interprétation solide, sensible et crédible de Driss Ramdi (dans le rôle titre), de Nadia Kounda et de Sara Giraudeau. Un drame ancré dans la réalité marocaine et qui pourtant a des accents de vérité universelle. Après le lumineux Rue Málaga, retrouvez la ville de Tanger dans un film beaucoup plus ombré mais tout aussi passionnant. – François Aymé
Derrière les palmiers
Réalisateur(s) : Meryem Benm'Barek
Acteur(s) : Sara Giraudeau, Driss Ramdi, Nadia Kounda, Carole Bouquet, Olivier Rabourdin
Genre(s) : drame
Origine : Maroc, France
Durée : 1h40
Synopsis : A Tanger, Mehdi voit sa relation avec Selma bouleversée lorsqu'il rencontre Marie, une riche Française dont les parents ont acheté une luxueuse villa dans la kasbah. Attiré par sa vie mondaine, il délaisse Selma, feignant d'ignorer que ses choix le rattraperont.
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