Namir Abdel-Messeh est vraisemblablement de ces êtres qui pensent au cinéma comme ils respirent. Auteur à succès de La Vierge, les coptes et moi (un documentaire intimiste et rocambolesque sur les origines égyptiennes de sa famille), il récidive avec beaucoup de cœur quelques années plus tard, alors que sa mère vient de disparaître. Semblant répondre à un besoin impérieux de combler avec du cinéma ce vide douloureux, La Vie après Siham est un film qui fait feu de tout bois, une œuvre protéiforme mélangeant joyeusement les archives familiales en super 8 et VHS avec les extraits de vieux mélodrames égyptiens et d’autres prises de vues esquissées au téléphone portable. Le résultat s’apparente au travail d’orfèvre d’un cinéaste alchimiste, capable de transformer la mélancolie en joie. C’est un geste sensible par lequel la magie du montage se déploie, convoquant ici la lecture de la correspondance entre les deux parents, là des cartons dignes du cinéma muet, livrant peu à peu de troublantes perspectives à ces soixante-cinq ans d’une histoire racontés en 1h20. « Nous sommes tous des héros dignes d’un grand récit, dans le regard de quelqu’un qui nous aime » déclare le cinéaste. Son film en est la bouleversante démonstration tout en constituant un hommage magistral à la beauté du cinéma. – Nicolas Milesi
La Vie après Siham
Réalisateur(s) : Namir Abdel Messeeh
Acteur(s) : Siham Abdel Messeeh, Namir Abdel Messeeh, Waguih Abdel Messeeh, Nermine Abdel Messeeh
Genre(s) : documentaire
Origine : France, Egypte
Durée : 1h16
Synopsis : Namir et sa mère s'étaient jurés de refaire un film ensemble, mais la mort de Siham vient briser cette promesse. Pour tenir parole, Namir plonge dans l'histoire romanesque de sa famille. Cette enquête faite de souvenirs intimes et de grands films égyptiens se transforme en un récit de transmission joyeux et lumineux, prouvant que l'amour ne meurt jamais.
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