L’Affaire Bojarski

L’Affaire Bojarski

L’Affaire Bojarski

Réalisateur(s) : JEAN-PAUL SALOME
Acteur(s) : Reda Kateb, Sara Giraudeau, Bastien Bouillon, Pierre Lottin, Camille Japy
Genre(s) : drame
Origine : France, Belgique
Durée : 2h8
Synopsis : Jan Bojarski, jeune ingénieur polonais, se réfugie en France pendant la guerre. Il y utilise ses dons pour fabriquer des faux papiers pendant l'occupation allemande. Après la guerre, son absence d'état civil l'empêche de déposer les brevets de ses nombreuses inventions et il est limité à des petits boulots mal rémunérés... jusqu'au jour où un gangster lui propose d'utiliser ses talents exceptionnels pour fabriquer des faux billets. Démarre alors pour lui une double vie à l'insu de sa famille. Très vite, il se retrouve dans le viseur de l'inspecteur Mattei, meilleur flic de France.

En ouverture au Festival du film d’histoire, L’Affaire Bojarski a été plébiscité. Grâce, tout d’abord, à un scénario en or tiré d’un fait divers authentique totalement incroyable et romanesque. Comment un génie de l’invention est devenu un « Cézanne des faux-billets », comment il a réussi, seul, à fabriquer des billets « plus vrais que les vrais » et à tenir tête des années durant à la police et à la Banque de France. Jean-Paul Salomé dresse un portrait empathique d’un homme discret, minutieux, silencieux, patient, méthodique et orgueilleux, un personnage brillamment interprété par Reda Kateb qui tient tout le film sur ses épaules. Il y a un vrai plaisir à être immergé dans cette ambiance d’excellent polar à la française qui reprend certains des codes des films de Verneuil avec Gabin et/ou Ventura tout en les mettant au goût du jour. Dans cet esprit, la rivalité entre Bojarski et le commissaire Mattéi (interprété par Bastien Bouillon) est un modèle du genre. Jean-Paul Salomé nous avait déjà régalé avec La Daronne (excellente comédie policière avec Isabelle Huppert), en 2020, puis totalement convaincu avec La Syndicaliste en 2023 ; avec L’Affaire Bojarski, il confirme qu’il maîtrise pleinement l’art du récit et de la mise en scène mais qu’il excelle également dans la rigueur documentaire avec, comme clou du film, la reconstitution de la machine à fabriquer des faux-billets avec comme matière première de base… du papier à cigarette. On sort du film emballé, bluffé, avec l’envie de vérifier chacune des informations données et en se demandant bien pourquoi le cinéma ne s’était pas emparé de cette histoire plus tôt. Enfin un polar français ambitieux et totalement maîtrisé. – François Aymé

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