Premier long métrage d’une jeune réalisatrice pas du tout du sérail (elle a grandi à Clichy-sous-Bois et a participé aux ateliers « égalité des chances » de la Fondation Culture et Diversité à la Fémis), Le Triangle d’or est la description quasi in vitro, sous l’œil inquisiteur des caméras de surveillance, de la violence des rapports d’oppression – qu’ils soient de genre aussi bien que de classe. Inspirée par sa propre expérience personnelle, Hélène Rosselet-Ruiz pousse à fond la complexité mouvante des rapports de domination induits par cette situation d’une jeune banlieusarde au service d’ultra-riches. Les donneurs d’ordre étant eux-mêmes un couple illégitime soumis à un système patriarcal qui les aliène, l’ensemble a les atours racoleurs d’un concept de téléréalité. Mais si le film orchestre de vertigineux constats quant au dérèglement que constitue la grande richesse, il tient surtout en haleine à force de finesse dans la caractérisation de ses personnages. Incarnée par des comédiens très convaincants (en particulier Malou Khebizi, révélée dans Diamant Brut et vue dans Enzo), la situation anxiogène et claustrophobique du début vire au thriller sans jamais se départir d’un vérisme sociologique glaçant. – Nicolas Milesi
Le Triangle d’or
Réalisateur(s) : Hélène Rosselet-Ruiz
Acteur(s) : Malou Khebizi, Soundos Mosbah, Ziad Bakri, Kassem Al Khoja
Genre(s) : thriller, drame
Origine : France, Belgique, Canada
Durée : 1h27
Synopsis : Pour gagner sa vie, Laura accepte un emploi au service de Souria. Installée dans un hôtel particulier du triangle d'or par son amant, un riche prince saoudien, Souria vit dans l'attente de ses visites. Tandis que Laura doit s'adapter à cet univers de luxe démesuré et de surveillance constante, un lien fragile se tisse entre les deux femmes. Mais Laura pressent qu'un danger pèse sur Souria et que cette cage dorée pourrait bien se refermer sur elles deux.
Choisissez votre séance




