Après avoir talentueusement abordé la douloureuse question du viol conjugal dans la série Querer, la jeune réalisatrice espagnole Alauda Ruíz de Azúa s’intéresse au poids de la religion dans une société qui se dit laïque, comme l’Espagne. Encore une fois, la réalisatrice place la famille au centre d’un récit sobre, voire austère, proposant un éclairage qui évite le simplisme et suscite le débat. « N’étant pas croyante, je ne pouvais pas envisager une intervention divine : le film s’interroge sur le rôle de l’humain dans la construction d’une vocation (la famille, l’éducation, les figures de référence, l’adolescence), sans jamais remettre en question la sincérité du sentiment vécu par ces jeunes filles » précise la cinéaste qui a aussi écrit le scénario. Les enjeux sont passionnants et jamais manichéens : comment accompagner quelqu’un qu’on aime quand on est convaincu qu’il se trompe profondément ? Plus humaniste que sociologique dans son approche, Les Dimanches tient tout du long une ligne de crête sur un sujet des plus clivants. Forte de la conviction que « dans le monde du scénario, on dit souvent qu’une tragédie en est une lorsque tout le monde a ses raisons », Alauda Ruíz de Azúa propose une œuvre à la fois dérangeante et argumentée.
– Nicolas Milesi
Les Dimanches
Réalisateur(s) : Alauda Ruíz de Azúa
Acteur(s) : Blanca Soroa, Patricia López Arnaiz, Juan Minujìn, Nagore Aranburu, Miguel Garcés
Genre(s) : drame
Origine : Espagne, France
Durée : 1h58
Synopsis : Ainara, 17 ans, élève dans un lycée catholique, s'apprête à passer son bac et à choisir son futur parcours universitaire. A la surprise générale, cette brillante jeune fille annonce à sa famille qu'elle souhaite participer à une période d'intégration dans un couvent afin d'embrasser la vie de religieuse. La nouvelle prend tout le monde au dépourvu. Si le père semble se laisser convaincre par les aspirations de sa fille, pour Maite, la tante d'Ainara, cette vocation inattendue est la manifestation d'un mal plus profond ...
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