Les Enfants rouges

Les Enfants rouges

Les Enfants rouges

Réalisateur(s) : Lotfi Achour
Acteur(s) : Ali Helali, Wided Dadebi, Yassine Samouni
Genre(s) : drame
Origine : Tunisie, France, Belgique, Pologne, Arabie Saoudite, Qatar
Durée : 1h38
Synopsis : Alors qu'ils font paître leur troupeau dans la montagne, deux adolescents sont attaqués. Nizar, 16 ans, est tué tandis qu'Achraf, 14 ans, doit rapporter un message à sa famille.D'après une histoire vraie.

De l’aveu même de Lotfi Achour, le cinéma tunisien a tendance à privilégier les histoires urbaines se déroulant à Tunis, délaissant la représentation d’une grande partie du pays. Son deuxième long-métrage, Les Enfants rouges, est le récit d’une tragédie survenue dans la montagne de Mghila (une région du centre-ouest tunisien proche de la frontière algérienne) et qui provoqua une émotion immense dans toute la Tunisie en novembre 2015. Pour contourner l’obstacle financier du surcoût d’un tournage en milieu naturel, le cinéaste a mis en place un projet d’économie sociale et solidaire autour du film, impliquant des jeunes en décrochage scolaire et des femmes au foyer de la région. Et puis, au sortir d’un long processus de casting de collégiens locaux (afin de préserver le dialecte originel des protagonistes de cette histoire), le tournage s’est déployé dans des décors impressionnants, depuis le vaste terrain de jeu des jeunes bergers – sorte de paradis de l’enfance surplombant le monde des hommes – jusqu’aux spartiates habitations où vit leur communauté rurale. Soyez prévenus, ce film raconte comment les sursauts de la cruauté du monde – aussi lointaine semble-t-elle – confrontent néanmoins ces habitants des confins à une violence qui n’a aucun sens. Si la tragédie intéresse Lotfi Achour (par ailleurs auteur de théâtre aguerri), le traumatisme de l’enfance, son indélébile persistance, est ce qu’il a su mettre en images avec une belle sensibilité, mélangeant habilement les points de vue pour mieux donner à voir le vertige. Film constellé de détails organiques qui renforcent notre intimité avec l’âpreté de ses enjeux, Les Enfants Rouges sait aussi éviter tous les écueils : le dolorisme facile et la tribune donnée aux terroristes. C’est un tour de force que de nous mettre dans les pas d’aussi beaux personnages qui sont la proie du deuil mais qui demeurent du côté de la vie. Une œuvre d’une grande noblesse – depuis le plateau de tournage jusqu’à l’écran. – Nicolas MILESI

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