Gazette 538
De la délicatesse au cœur du chaos. C’est de cet inattendu mélange qu’émerge la beauté du film de Nathan Ambrosioni, jeune réalisateur pro- lixe et remarqué qui signe, à 26 ans, son troisième long métrage. Creusant le sillon de la thématique familiale qui irriguait ses précédentes réalisations, il retrouve ici Camille Cottin, déjà dirigée dans Toni, en famille et la confronte à l’inimaginable. Quand votre monde s’écroule, que reste-t-il ? Nathan Ambrosioni fait le choix du réalisme et de la simplicité pour transcrire l’onde de choc de la disparition, et la manière dont le temporaire devient peu à peu permanent. Si l’absente hante le film, tel un fantôme invisible, l’absence, elle, prend corps, intelligemment distillée par la mise en scène et les dialogues, à l’image de cet enfant qui appelle sa mère par son pré- nom. Est-ce qu’un mot disparaît de son vocabulaire, lorsque ce qu’il nomme n’est plus ? Récompensé par le Valois de diamant à Angoulême, Les Enfants vont bien lève habilement le voile sur le phénomène méconnu des disparitions volontaires d’adultes et leurs conséquences, tout en ques- tionnant la maternité et le fait de « faire famille ». Toujours subtil, souvent émouvant, il parvient à poser des questions universelles et intimes avec une grande justesse. – SARAH BEAUFOL




