Les Matins merveilleux fait suite au court métrage Queen Size, également avec India Hair et Raya Martigny, sélectionné aux Césars 2025. Tourné alors même que le long métrage était déjà écrit, la réalisatrice l’avait utilisé comme démonstration de l’alchimie entre les deux actrices pour pouvoir développer le long.
On suit India Hair, Charlie à l’écran, un peu perdue après le décès de sa grand-mère, qui lui laisse une place dans le caveau et une mission : léguer de vieux vinyles à un ami inconnu vivant dans le Sud. La voilà partie en Twingo sur la Côte d’Azur, à la rencontre d’une myriade de personnages tous plus attachants les uns que les autres.
Difficile alors de résister au charme maladroit et contagieux de Charlie, qui semble traverser chaque épreuve avec une douceur désarmante.
C’est par Titou, danseur de disco mélancolique aux chemises flashy admirablement interprété par Éric Cantona, que commence pour elle une quête d’elle-même, sur les traces de sa mère. Et puis il y a Marina, qu’on ne peut quitter des yeux tant elle occupe merveilleusement l’espace, et qui accueille Charlie avec toute la bienveillance du monde. En apparence aux antipodes l’une de l’autre, elles se retrouvent pourtant au même endroit, traversées toutes les deux par le deuil. Marina offre à Charlie une forme de confiance et de légèreté qu’elle ne se connaissait pas, alors que Charlie, elle, apprend doucement à Marina que lâcher prise peut aussi être une force.
C’est là que le film touche juste. Tout est bouleversant de sincérité, du trio improbable formé entre Charlie, Marina et Titou, jusqu’au message vocal de la grand-mère, qui s’avère être un véritable message de la grand-mère de la réalisatrice, décédée pendant l’écriture du scénario.
Reste un film résolument queer et charmant, qui parle de la famille qu’on a et de celle qu’on se crée, de l’identité et de l’amour, le tout de la manière la plus douce qui soit. – Maëlis Kergrohenn



