« Les gens en Russie aujourd’hui sont apathiques, sous le joug de la censure ; ils ont peur, ils sont désorientés, les réseaux sociaux fonctionnent de moins en moins bien : la lutte contre le progrès bat son plein tout comme la machine de propagande. Tout le monde essaie de fermer les yeux, car chaque jour qui passe ne fait qu’augmenter la dette envers la vérité et la regarder dans les yeux effraie de plus en plus – elle ressemble aujourd’hui à un monstre.
La civilisation européenne repose sur trois piliers : la raison (le logos des anciens Grecs), la justice (le droit romain) et la charité chrétienne. Lorsque nos représentations de la raison et de la justice se métamorphosent sous nos yeux, lorsque de nouvelles règles nous conduisent tout droit vers l’effondrement, il nous faut nous souvenir de la charité et de l’amour. » – Andreï Zviaguintsev
Après les diffusions des chefs-d’œuvre de Zviaguintsev (Léviathan, Faute d’amour) et sa venue à l’unipop en 2024, voici son dernier film, tourné pour la première fois en exil. C’est l’adaptation de La Femme infidèle de Claude Chabrol, sur fond de réquisition de civils pour l’Ukraine. On retrouve ici l’élégance de sa mise en scène accompagnée d’une grande tension dramatique et d’une critique sociale acérée. – François Aymé

