Véritable entreprise de mythification familiale assumée, Notre histoire-Chroniques du Caire entremêle dans un perpétuel va-et-vient la Grande Histoire – celle de l’Égypte moderne, entre 1967 et 1984 – avec la petite – celle d’une famille remuante et dont les générations se succèdent comme dans un film d’Ettore Scola. « Tous les membres de ma famille sont d’excellents conteurs » précise le cinéaste Abu Bakr Shawky, né en 1985 mais attaché à transmettre par les moyens du cinéma la vitalité chaotique et joyeuse qui l’a précédé. Son film prend les atours du cinéma égyptien des années 50/60, assumant parfois l’artificialité d’un décor de studio comme l’exact miroir de légendes familiales perpétuées oralement et dont la véracité a pu varier avec le temps… Chapitré en cinq parties (depuis les deux guerres contre Israël de 1967 et 1973 jusqu’à l’assassinat du président Anouar el-Sadate), Notre histoire n’a pour autant rien d’un cours d’Histoire sombre et ennuyeux. Le film est très musical et multiplie les images d’archives, épousant la truculence de ses protagonistes hauts en couleurs et usant de plans-séquences nerveux dans un montage enlevé. Au-delà des événements relatés dont la tragédie n’est pas absente, ces chroniques témoignent d’un parti-pris du cinéaste pour ne jamais se départir d’une certaine joie face à l’existence. L’entreprise, en plus d’être un divertissement instructif, n’en est que plus attachante. – Nicolas Milesi
Notre histoire – Chroniques du Caire
Réalisateur(s) : A. B. Shawky
Acteur(s) : Amir El-Masry, Valerie Pachner, Nelly Karim, Karim Kassem, Ahmed Kamal
Genre(s) : drame, comédie
Origine : Autriche, France, Egypte, Belgique, Suède
Durée : 2h0
Synopsis : Le Caire, 1967. Ahmed, pianiste obstiné dans une famille qui ne jure que par le football, reçoit une lettre en provenance d'Autriche : Liz a répondu à son annonce pour devenir sa correspondante. De la guerre des Six Jours à l'ère Sadate, leur destin va s'écrire en même temps que celui de l'Égypte : entre rêves contrariés, conflits, chaos familial, et petites victoires arrachées au destin.