Curry Barker s’est fait, à 26 ans et en l’espace de quelques semaines, un nom incontournable dans le cinéma d’épouvante. Pendant dix ans, il a réalisé sur Youtube des vidéos et des sketchs en duo, jusqu’à proposer un premier long métrage en 2024 : Milk and Serial, un foundfootage horrifique autoproduit. Repéré par Blumhouse, c’est seulement avec 750 000$ qu’Obsession, par la force du bouche à oreille, s’ancre auprès du grand public.
Thriller trash qui joue avec le surnaturel, l’horreur déployée réside dans la prétendue naïveté du vœu originel : le souhait d’être aimé, plus que tout, par l’objet de son désir. Car ce vœu montre un aspect plus destructeur et sournois du désir : la volonté de posséder l’autre. Barker réinvestit le film de possession, où l’esprit malin n’est ni un défunt vengeur, ni un démon biblique… mais bien plus humain qu’attendu ! La mise en scène se révèle brillamment asphyxiante, et c’est par des intérieurs qui se resserrent et une présence qui envahit l’espace, qu’on explore les passions autoritaires de l’âme, où s’entremêlent emprise, hantise, et dépossession de soi… – Alexandra Constant



