La coprolalie. Voilà le terme médical pour nommer la tendance à proférer des insultes. Ce symptôme concerne moins de 15% des personnes atteintes du syndrome de Gilles de la Tourette, mais demeure l’aspect le plus spectaculaire de cette pathologie complexe. C’est aussi un levier puissant de comédie propre à servir un humour décomplexé, à l’image de la séquence d’ouverture de I Swear (titre original à l’illuminante duplicité : « Je jure »), dont la présence de la reine Elisabeth sur la musique de New Order nous propulse joyeusement dans un cinéma ô combien britannique ! Loin de se contenter de mettre en scène de bonnes blagues, c’est à un portrait bouleversant auquel se livre le cinéaste Kirk Jones, celui de John Davidson, un citoyen (re)connu des Britanniques, qui fut le protagoniste d’un documentaire très populaire de la BBC, contribuant considérablement à faire connaître sa maladie. La finesse de l’écriture portée avec retenue par des comédiens tous très talentueux (au premier rang desquels, Robert Aramayo, stupéfiant) mais aussi par des non-professionnels (la communauté des personnes souffrant de cette maladie a été très impliquée dans le tournage) livre un regard d’une empathie poignante. Pétri de nobles valeurs, Plus fort que moi réalise la prouesse d’être une œuvre à la fois divertissante, émouvante et une ode au vivre-ensemble tout sauf niaise. – Nicolas Milesi
Plus fort que moi
Réalisateur(s) : Kirk Jones (II)
Acteur(s) : Robert Aramayo, Shirley Henderson, Maxine Peake, Scott Ellis Watson, Peter Mullan
Genre(s) : drame, Biopic
Origine : Grande-Bretagne
Durée : 2h1
Synopsis : Dans les années 1980, John Davidson grandit avec le syndrome de Gilles de la Tourette, une pathologie encore largement méconnue. Entre incompréhension, stigmatisation et détermination, son parcours d'abord semé d'embûches se transforme en combat pour être reconnu tel qu'il est, au-delà des préjugés.
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