SÉJOUR DANS LES MONTS FUCHUN

SÉJOUR DANS LES MONTS FUCHUN

SÉJOUR DANS LES MONTS FUCHUN

Réalisateur(s) : Gu Xiaogang
Acteur(s) : sans acteurs connus
Genre(s) : Drame
Origine : Chine
Durée : 2h30
Synopsis : Le destin d’une famille s’écoule au rythme de la nature, du cycle des saisons et de la vie d’un fleuve.

Vous cherchez un antidote à la frénésie ambiante ? Et en même temps, un dépaysement certain ? Et puis, pourquoi pas, un mélange d’intelligence critique et d’habileté narrative. Alors, il ne vous reste plus qu’à aller passer un séjour à Noël dans les monts Fuchun en passant par le cinéma Jean Eustache. Il s’agit du premier film du jeune Gu Xiaogang ; premier titre qui a, non seulement, l’ampleur d’une saga familiale, mais on découvre sur le dernier plan que ce film de 2h25 n’est jamais que le premier volet d’une trilogie ! C’est ce qui s’appelle avoir du souffle. Au rythme des saisons, dans des paysages magnifiques, Gu Xiaogang filme la mutation urbaine, économique, sociale, à marche forcée de la Chine moderne, avec la destruction des quartiers traditionnels, la hausse vertigineuse des prix de l’immobilier, la précarisation des petites gens qui comprennent ces évolutions trop tardivement ou bien n’arrivent pas à s’adapter. Et dans le même temps, cette révolution est regardée à travers le prisme d’une famille qui se réunit pour l’anniversaire de la grand-mère bientôt malade. Qui pour s’en occuper ? Cette question va cristalliser le poids des traditions et des égoïsmes. Le cinéaste installe une très belle dramaturgie qui infuse tranquillement avec l’idée que la compréhension des comportements de chacun n’est pas forcément explicite et immédiate. L’auteur filme avec compassion trois générations tiraillées par les impératifs matériels, la dureté de certaines traditions, le besoin affectif et les aspirations à plus de liberté. Ce portrait de famille chinois constitue un éclairage lucide et attachant de la Chine moderne. Une façon sensible de prendre le temps de regarder comment la deuxième puissance mondiale mute au quotidien et en même temps de rappeler l’universalisme des rapports humains. ⎥ François Aymé

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