Une affaire turque, oui, mais à Paris. Dans le milieu privilégié des avocats d’affaires… Et dans la communauté turque. Et c’est bien dans la confrontation de ces deux univers, avec Mathieu comme transfuge de classe, que le film tire son originalité et son intérêt.
Le point fort du film réside dans la rigueur de son scénario, engrenage impeccable qui capte le spectateur, partagé entre l‘accablement et un reste d’empathie pour un personnage qui a tout pour plaire mais qui n’est pas très plaisant. C’est le second point fort du film : l’interprétation de Lionel Erdogan (ça ne s’invente pas…) qui est à la hauteur : en façade sociale, il respire l’assurance, l’audace et la réussite, intérieurement rien n’est vraiment solide, en particulier du côté des valeurs. Enfin, Hüseyin Aydin Gürsoy, cinéaste français d’origine turque, a également soigné tous ses personnages secondaires (le père, la sœur, Lubna Azabal, Charles Berling…) et surtout, il a su brosser les ambiances, les réflexes, les difficultés et les contradictions d’une communauté turque exilée (qu’il connaît bien) sans jamais céder aux stéréotypes. Un premier film très réussi, plus qu’une belle découverte. – François Aymé
